I Belong To You

I Belong To You
Harakiri (Ou Spleen Algérois)

La chaleur s'abattait sur Alger en ce mois de Juin. Alger la blanche, avec son soleil précoce, ses travailleurs matinaux et les odeurs fortes des marchés. Le calvaire ne faisait que commencer, chacun devra subir la chaleur du mieux qu'il le peut.
Les muscles engourdits, la fatigue et la sensation d'être sale même en ayant prit une douche la veille composaient l'état au réveil de chaque adolescent algérois à cette période de l'année. Car dès le levée de soleil, la température grimpait bien au dessus de trente degrè celcius. Mais les cours étant fini depuis longtemps, Méjda ne se réveillait généralement qu'à quinze heure.

Or ce jour là, elle se réveilla légérement avant mais voulu prolonger cette agréable torpeur. Quand elle replongeait enfin dans les bras de Morphée, elle entendit un cri, terrible, puissant et sincére. Et puis il s'étouffa de lui même et tomba dans l'oublie le plus total; les nuisances sonores c'était commun et banal.
Méjda alla se débarasser le surplu que contenait son corps aux toilettes puis se rinça le visage. A l'heure où on prend habituellement le goùter, elle n'en était qu'au petit déjeuner. C'était lait et biscuits au chocolat devant une émission stupide d'une chaine de télévision satellite; La mondialisation avait affecté toutes les couches de la société, et l'Algérie était probablement devenu en quelques années le pays le plus parabolé au monde, les façades des batiments comptaient en effet pratiquement autant de paraboles que de foyers.
Qu'indiquez le téléphone portable ? Un message reçu :
_ Coucou Mimi, on va à la plage avec à peu près la même bande que la dernière fois. J'espère t'y croiser.
Mais le message datait d'il y a déjà plus de quatre heures. Tant pis, ce Sofiane qui lui tournait tout le temps autour, elle en avait de toute façon marre. Marre aussi de la plage, c'est croire qu'il n'y a que ça à faire durant l'été à Alger; à part peut-être manger, ah ça oui il y en a des fast food à profusion et des restaurant de toute sorte! Marre de cette foule de pseudo-amis qui disparaissent 3 semaines et réapparaissent ponctuellement. Marre de ce manque de savoir vivre général et du peu loisirs. Marre de cette chaleur et puis marre d'en avoir marre d'ailleur !

Voyons voir qui est connecté. Tiens, qui sont encore ces trois personnes qui m'ont ajoutés ?
Internet avait du succès dans cette ville dortoir. Tout le monde s'y retrouvait pour discuter, rencontrer, draguer et parfois même se marier. C'est que les rues d'Alger sont loin de fournir le climat serein nécessaire à ce genre de rencontres. Elles ne sont pas très tolérentes des baisers amoureux, des filles/femmes un peu trop déshabillées; correction : elles ne sont PAS tolérentes des filles/femmes, tout simplement.
Alors l'anonymat d'Internet constituait une plate-forme alternative qui mettait à nue la réalité, l'existance de désirs charnels chez les Algériens comme pour le reste de l'humanité et l'hypocrisie d'une soi disant foi religieuse bien respectée.
Bien, il était encore trop tôt pour trouver assez de personnes (intéréssantes) connectés, dans cinq heures le tier des contact seront connectés. Là Méjda sera comme un poisson dans l'eau. Elle échangera des messages à travers les blogs, les réseaux sociaux, la messagerie instantannée. Elle retouchera ses belles photos de l'année, commentera celles de ses 408 contacts sur Facebook, publiera un article sur son blog qui sera peut-être lu par ses 1272 "amis", et parlera a une fraction de ses 311 amis sur MSN. Ce soir elle sera une star ! ça fusera dans tout les sens, les disques dur seront en ébullutions, les yeux en agitation, les jambes en excitation.

En attendant, que lui restait-il a faire ? Se déconnecter l'esprit de la réalité dans le flot d'images et de son de la télévision. Un milier de chaines pour "tuer" le temps. L'extase quoi.
La clef dans la serrure. C'est les parents ! Qui viennent rapidement eux aussi se déconnecter.
On mange généralement à vingt heures à Alger. Mais avec une telle chaleur, personne n'a vraiment faim. Les diners sont donc plus des actes de présence qu'un repas. On mange frais pour se rafraichir, mais c'est souvent dérisoire. De toute façon la viande a encore augmenté de prix. La mère prédit qu'à ce rythme, bientôt la viande sera plus cher que l'or !
Il ne fait pas encore nuit mais ce n'est plus le jour. Méjda risque une tête hors du balcon. Les retardataires courent à leur trou à rat comme lors d'un couvre feu. Alger la blanche; comme pour les draps d'un lit ?
Malgrè tout, une poignée d'homme de tout bord restera une bonne partie de la nuit dehors.

Elle retourne à sa chambre. Méjda se connecte. Méjda déconnecte ses soucis. Méjda oublie les Algérois et ne garde que le plaisir du débit de ses doigts sur les touches du clavier. Rapidement l'horloge passe vingt et une heure à minuit. Là, ça commence à devenir moins intéréssant : Elle a remplit toutes ses "obligations" imposées par une vie virtuelle, il reste de moins en moins de gens connectés et toujours pas de garçon digne d'elle à l'horizon. Malgrè cela, il y a encore moyen de discuter et flaner sur le toile jusqu'à trois heures du matin. Au delà, soit on a un très bon ami connecté, soit on a quelque chose de concret à faire, sinon on part.
Elle est à présent allongé sur son lit. Les rideaux sont fermés, la lampe éteinte. Plus rien à part une stupide veilleuse ne pouvait troubler le repos forcé de Méjda.
Mais le cri du matin était revenu dans sa tête. Comme ces chansons qu'on écoute qu'une fois et qui restent toute une journée, se déforment, se répétent trois cents fois, harcelent, violent notre tranquilité. C'était le cri de la mort, inimitable et au dessus de toute tonalité. Un cri d'une intensité progressive, une longue apogée plaintive et une chute définitive.
Elle avait beau se retourner dans son lit, elle ne trouvait pas le sommeil et ce n'est pas les muscles endoloris qui arrangeaient les choses.
Il fallait crier à Alger son amertume et aux algérois le dégout total. Il fallait faire taire ce son, s'en débarasser, le passer à quelqu'un d'autre même.
Le couteau se planta facilement dans le ventre. Méjda cria puis tus. Deux étages plus haut, un garçon se réveilla à l'écoute de ce cri.

# Posté le samedi 19 septembre 2009 13:22

Modifié le mardi 13 octobre 2009 19:30

Upholstery

Upholstery
Apprendre A Voler


_Vous êtes vous déja demandé pourquoi on coupait nos gazons ?
Il y a certaines personnes qui ont tout a gagné a nous faire croire que la terre est ronde, oui monsieur ! La Terre, elle est pas ronde !
Allez penser ce que vous voudrai, je bois peut-être trop, et c'est à cause d'eux ça d'ailleur; ils ont fini par avoir tout ce que j'ai. J'ai voulu prouver que la Terre était pas ronde mais personne m'a écouté. Je vous explique, qui laisse son gazon pousser ? C'est simple je vois pas où est le problème d'avoir un gazon long; on vous a toujours inculqué qu'il fallait le tondre, sous pretexte d'esthétisme ou je ne sais quoi du genre, c'était pour vous masquer la seule chose qu'ils n'arrivent pas à maitriser : la Terre c'est un crâne ! Oui monsieur ! Vous êtes déja allé en antartique vérifier peut-être si la Terre est ronde ?
_ Non monsieur.
_ C'est bien normal, l'antartique existe pas, il y fait pas glacial, juste froid je vous l'accorde mais c'est pas un continent, c'est le cou qui commence. Ils vous ont caché le cou, mais ils peuvent pas cacher tout les gazon du monde, parce que vous savez pourquoi ils les coupent monsieur ?
_ Non monsieur.
_ Parce que c'est des cheveux ! Le gazon c'est du cheveux, et comme ils arrivent pas à le masquer, ils vous font des tondeuses et des concepts d'esthétisme ridicules. On a tous envie de ressembler aux jolis américains de la télévision avec un beau gazon tout fin. Machination vous dis-je ! La Terre, c'est un crâne en sueur avec une calvissie. C'est moche je sais, se dire qu'on est des cellules, mais bon, probablement que nos deux crânes sont aussi des planètes et que d'autres dessus doivent penser pareille, qu'importe c'est plus mon problème, j'ai essayé de prévenir mais personne ne m'a écouté; je vous vois là avec votre regard vous me croyez pas, oui il est peut-être vert le gazon mais c'est juste la pointe des cheveux; ça devient noir ensuite; bref peu importe, je prie qu'ils oseront faire une grande guerre nucléaire, ces habitants de mon crâne !
_ Et bien je vous remercie beaucoup monsieur, je vais vour laisser je vous contacte quand je fini mon article.
_ Je sais bien que vous le ferez pas l'article, de toute façon ils vous laisseront pas ! Barman, un autre scotch !

Quand il eut fini son verre, Prétextat regla la note, sorti du bar et embarqua dans sa voiture. Epuisé, il s'endormit immédiatement.
La douce lumière de l'aube le reveilla le lendemain matin. Il ne faisait pas totalement jour, mais ce n'était plus la nuit, comme lors de ces journées d'été où le soleil se léve trop tôt alors que tout le monde dort. Il consulta son cellulaire : 5:03 AM, aucun message, aucun appel.
Les moineaux se disputaient. Un d'eux décolla vers l'infiniment grand. Prétextat avala un cachet et suivi des yeux tant que possible ce moineau. Depuis combien de temps il volait dans les cieux ? Il aurait voulu aussi apprendre à voler.
Toc Toc. Prétextat hurla. Un immense moineau de la taille d'une demi voiture se tenait devant sa vitre gauche. Celui ci frappa à nouveau sur la vitre à l'aide de son bec. Il étant d'y aller, sa première leçon allait commencer ! Prétextat joyeux comme jamais couru dans la rue avec le moineau puis décolla subitement. Incroyable ! Quel genre de nature l'avait écouté et exocé son souhait ? Peu importe, il volait de plus en plus haut, au milieu d'un groupe d'oiseaux de toutes sortes; il s'élevait, inlassablement, ressentant à la fois de la peur et une immense joie.

_ Tu te rends compte, la Tour de l'horloge, c'est peut-être des terroristes va savoir !
_ Ralenti, il y a encore un drogué dans cette voiture.
_ Laisse tomber on a pas le temps, tu as entendu, appel prioritaire à toutes les patrouilles dans le secteur, on va aller arrêter tes soi disant terroristes.

# Posté le lundi 01 juin 2009 11:28

Modifié le lundi 01 juin 2009 11:41

It's All Over

It's All Over
(Lecture qui nécessite d'avoir lu Métronome)

Nous Les Dieux


L'exhibition d'un gain rapide fut notre plus grande idée. Nous avons créé la monnaie, par là nous avons dominés la planète pendant que vous vous échangiez de plus en plus vite de vulgaires pièces de métal. Quand ça n'allait pas vite, nous vous avons stimulés par des guerres, des doctrines religieuses et des produits de consommation, à plaisir immédiat. Que vous soyez tiers-mondiste, communiste, libéral, extrémiste, athée, chef d'état, ermite, analphabète, ou appartenant à tout autre division, il y avait toujours l'un d'entre nous pour vous vendre un bien ou pour vous soudoyer. Notre emprise est totale; sans intervention, la pyramide de la tyrannie nous assure un gain certain : Nos officiers travaillent pour leur profit et nous en font profiter; le bas de l'échelle obéit inlassablement contre quelques miettes, trop faible pour agir, quitte a pécher. Vous, vous n'êtes que la masse infâme, sous notre servitude, les 99,999% de l'humanité, qui se tue à la tache; Nous, nous sommes les dieux ! Nous sommes au dessus de toute morale, au dessus de tout culte, au dessus de toute autorité. Les 0.001% qui tiennent la caisse. Ceux qui décident pour vous.

Robert Redfild avait raison de penser ainsi, aussi crument, dans sa luxueuse villa, car il disait globalement la vérité. Mais le paramètre imprévisible dont Robert Redfild et les siens redoutaient de tout temps, c'était l'imprévu.
Et il se trouvait justement que l'imprévu avait détruit la Tour de l'horloge, mettant à nue la conspiration.

Baladez vous avec dans un sac au dos, de l'or, de la drogue, des armes ou tout ce que vous voudrez, vous aurez très peu de chance qu'on le sache, et certainement moins que si vous étiez accompagné de toute l'escorte armée du monde. C'est sur ce principes que quelques uns des Dieux avaient misé, en installant un local très peu protégé mais stratégique et au contenu explicite sous la Tour de l'horloge : peu de sécurité, aucun appel au peuple, discrétion maximale donc en théorie protection optimale.

La période de l'apogée des Dieux venait de mourir enfantant du même coup leur chute.

# Posté le jeudi 23 avril 2009 09:12

Fear Of A Blank Planet


Métronome


Cette nuit, c'est la bonne. Cette nuit, elle l'avait enfin, le couteau suisse dans sa main droite. Cette nuit, elle sortira enfin de 14 années de calvaire dans cet hôpital psychiatrique.

Lisa était de celles qu'on appel communément les « fous ». Il est vrai qu'elle n'avait probablement plus toute sa tête, mais elle était encore capable de réflexion sensée, et elle en faisait la démonstration à l'instant même. Sa démence résidait dans une sorte d'hypersensibilité au son.
Ironie du sort, cette musicienne qui était à son adolescence brillante, se retrouve aujourd'hui a entendre uniquement un battement régulier, précisément à chaque seconde.

La serrure céda, elle prit la fuite en silence. Elle n'eut plus qu'à fracasser le crâne du garde à l'entrée avec violence et répétition, alors que celui ci venait de s'assoupir, pour la dernière fois.

Ce battement elle avait fini par découvrir sa source, ou plutôt « ses » sources. Les c½urs humains et animaux ne sont pas synchronisées. Ce n'était pas non plus une hélice, puisque quelque fut la position de Lisa à Berne, ce son restait globalement constant. Elle pensa à des satellites, mais elle apprit rapidement qu'ils émettent a des fréquences différentes entre eux.
Entant que musicienne de haut niveau, elle aurait du deviner. Ce son uniforme était assimilable a une symphonie comme tant d'autres, avec pour chef d'orchestre la Tour de l'horloge et ses rouages, et une multitude de montres individuelles faisait office d'orchestre, tous précis et bien synchronisées.

Quel danger de laisser des fous accéder à des livres de chimie, se dit-elle ironiquement en choisissant un tas de produits de quincaillerie avant le lever du jour. Il fallait se dépêcher, Lisa avait attendu trop longtemps ce moment là pour tarder.

Arrivée à la Tour de l'horloge, elle contempla l'édifice : Lieu de sa souffrance! Lieu de sa démence! Lieu de sa renaissance !
Un petit tour de charme féminin et le garde l'entraîna comme voulu à l'une des deux fenêtres juste au dessus du cadrant, par où Lisa le poussa dans le vide pour s'en débarrasser. Elle plaça une bombe et redescendit. Le souffle de l'explosion la projeta au sol malgré la distance qu'elle avait mise en une minute entre elle et le monument; par terre, elle contempla cette orgasmique destruction.

Enfin elle pouvait entendre autre chose qu'un stupide battement de métronome; enfin elle pouvait entendre la gracieuse et incertaine mélodie de la Terre.
Fear Of A Blank Planet

# Posté le dimanche 15 mars 2009 12:25

California Dreaming

California Dreaming
Cent Et Un

Allan était de ceux qu'on appel communément les humanistes. Il ne croyait pas en Dieu et aux miracles, il croyait plutôt en la valeur de l'humain, sa capacité à être bon, aider son prochain et se surpasser.

Cela faisait 15 ans qu'il s'était engagé dans un combat socialiste. A 14 ans, touché l'absurdité de l'économie de rendement et la déforestation massive, il commença a distribuer des tracts de propagande et débattre sur le net des heures durant. A 18 ans, il avait sa carte d'électeur communiste, a 23 ans il était dans un parti politique de gauche et se faisait remarquer en tant qu'excellent orateur dès l'année suivante. Il domptait les foules, captivait les intellectuels et trouvait réponse à tout dans les livres qu'il publiait régulièrement si bien que le président de la république en vigueur se pressa de l'engager dans son gouvernement, ainsi que son successeur. Il fit ses preuves, il aurait pu peut-être devenir président à 28 ans, mais il voulait être près du peuple encore quelques années, peut-être pour apprendre d'avantage, probablement pour attendre les prochaines élections, qui s'il continuait sur cette lancée, l'amènerait à coup sur à la plus haute responsabilité.

C'est ainsi qu'à 30 ans, Allan Nagusta était en marche vers un nouvel ordre mondial, plus agréable et plus juste.

Un jour comme un autre, il se changeait à vingt deux heures devant la télévision où on pouvait entendre quelques-unes de ses phrases sélectionnés par un présentateur qui semblait lui vouer un culte. Allan ne souriait pas, il écoutait attentivement le présentateur afin de déceler la moindre incohérence dans ses paroles reprises, afin d'anticiper ce que l'on pourrait lui reprocher et savoir sur le champ ce qu'il pourrait répondre. Il ne se concentrait pas sur le son de la baignoire qui se remplissait, où Penelope, sa femme, chantait.

« Le vrai danger que l'humanité court, c'est son ignorance. L'homme ne peut prétendre à une liberté de jugement et de décision qu'une fois instruit. Nous courrons à notre perte à maintenir un système éducatif aussi pitoyable. »

Il était maintenant allongé dans son lit, presque lassé par ce présentateur en chemise blanche, qui le comparait quasiment à un prophète. Allan attrapa la télécommande et appuya sur l'interrupteur, mais la télévision ne s'éteignit pas. Le présentateur se tourna vers l'écran et s'adressa à Allan :
_ Je t'ennuie ?
Allan se crispa. Avait-il halluciné ? Il pressa à nouveau sur le bouton mais rien ne se produisit.
_ Allan, ne panique pas. On m'envoie te soumettre à un choix, disons assez difficile. Tu dois coopérer; mais Allan refusait toujours cette vision. Une télévision qui lui parle, on a sûrement dut lui mettre des drogues dans son repas. Il se claqua violemment le visage, marcha un peu et vérifia dans le miroir que ses yeux n'avaient aucune anomalie flagrante.
_ Allan ! Où es-tu passé ? Non tu ne délire pas, Allan !
Il se décida enfin à répondre : Bon qui êtes-vous et que me voulez vous ? Je retrouverai les caméras que vous avez placés !
_ Allan, il n'y a aucune caméra dans cette chambre. Je ne saurai pas trop te dire ce que je suis, on est parfois appelé ange, fantôme, démon, esprit; peu importe, tu as été désigné pour répondre à une question.
_ Arrêtez votre farce !
_ Bien, je me doutais que tu réagirai ainsi, certains ont pensé t'envoyer ton père mais je m'y suis opposé, je ne pense pas que ça aurait été une bonne idée.
Allan hurla, attrapa la chaise qui était à sa gauche et fracassa le poste de télévision. Penelope qui se baignait ne sembla pas avoir entendu quoi que ce soit, ce qui rassura Allan : Il lui restait un peu de temps pour se débarrasser de la télévision cassée et chercher les caméras et les micros. Il détestait qu'on parle de ses parents, morts dans un incendie causé par une bande de loubards qu'on ne trouva jamais. Pensant aux souvenirs de l'enterrement douloureux et prématuré lors de ses 13 ans, une voix retentit derrière lui : Calme toi bon sang, tu vas finir par te faire mal !
Allan sursauta. Le présentateur était à nouveau là, dans la chambre, s'appuyant contre le mur. Allan lui donna un coup de poing, mais sa main ne rencontra que le mur, l'homme à la chemise blanche devenant temporairement translucide.
_ Tu me crois maintenant !? Calme toi et écoute moi.
_ Alors vous êtes vraiment un « esprit » ?
_ Appel moi comme tu le voudras, Léo pourquoi pas. J'aimais bien.
Allan qui avait mal à la main et avait subi en une minute un stress important, se posa sur le lit, résigné à enfin écouter cette entité.
_ Et bien voilà Allan, ne trouves-tu pas parfois que l'humanité a en quelque sorte échoué ?
_ Poursuivez.
_ Martin Luther King, Abraham Lincoln, Jean-Jacques Rousseau, le Dalaï-lama, quel est le point commun entre eux?
_ Des hommes qui ont apportés à l'humanité bien plus que dix mille personnes.
_ En effet, des grands personnages de ce qu'il y a de plus noble chez les humains, mais en profite t-il maintenant ?
_ Ils sont morts voyons !
_ Exacte Allan. Nous pensons que tu es l'esprit le plus abouti qu'il soit, aujourd'hui sur Terre. Il y a eu des dizaines de grands personnages à travers les siècles, qui ont apporté un véritable progrès, mais en parallèle des centaines de meurtriers et d'immoraux ont vu le jour. Nous avons donné leur chance à de nombreuses reprises aux humanistes et cela n'a fait que creuser l'écart entre le bien et le mal. Allan, tout va mal. Nous t'offrons la possibilité de choisir avec toi 100 personnes et de recommencer tout à zéro, tes enseignements seront perpétués, tu pourras enfin sauver l'humanité.
_ Ça serait injuste pour les autres, 100 personnes choisis par moi même, où est la légitimité là dedans ? On doit pouvoir tout de même éviter cela !
_ Nous ne le pensons pas, tu es comme tout tes prédécesseurs, des dizaines n'ont fait que très partiellement changer les choses, tu connaîtras au mieux le même sort. Tu n'as pas le choix ça a été décidé, rien ne s'améliorera. Nous avons juste choisi d'abréger la fin.
_ Après l'apogée, le déclin.
_ Pense à 100 personnes maintenant.

Alors Allan se remémora 30 ans de vie. Il y avait Gabrielle, Penelope, Aksil, Elisa, Ammar, Aîcha, Nahla, Yasmine, Florian, Alexandre, Sébastien, Mehdi, Salim, Bertrand, Nouhad, Otto, Helen, Nawel, Lyna, Ilyas, Sarah, Amira, Camélia, Eva, Joanna, Ali, Adan, Giovanni, Micheal, Amanda et tant d'autres. Cela ne prit que deux minutes à Allan pour choisir.

_ Une dernière question avant de « renaître », Allan ?
_ Oui, quand vous disiez « nous », de qui parliez vous ?
_ Nous, les humanistes qui avons échoué voyons !


Dahmouche Hichem
06/02/09 12-14h

# Posté le vendredi 06 février 2009 04:29

Modifié le vendredi 06 février 2009 09:03

Tears Of The Sun

Tears Of The Sun
Pas Plus Loin Que Sur Terre

Mange ! Ouvre la bouche, mâche, avale; ouvre la bouche, mâche, avale; ouvre la bouche, mâche, avale...
Plus vite ! Ou l'homme derrière le comptoir n'aura plus rien à faire, il n'aura plus de raison de rester là, il n'aura plus rien a acheter, plus de légitimité à vivre. Gave toi te dis-je ! Il faut soutenir la croissance à deux chiffres. Mange avant que tes enfants te grignotent les dernières miettes, peu importe les regards du moment que les autres ont moins mangés.

J'aurais pu face à cette vision répugnante m'insurger à ma façon, et me fourrer deux doigts au fond du gosier afin de vomir mon dégout sur cette face enlaidie par l'amertume d'une vie à tenter de se convaincre que les édifices précédemment bâtis valent mieux que d'oser renouveler, quitte à être la génération qui subira les efforts nécessaires du nouvel ordre.
Mais quelle prétention que de vouloir à moi seul, jeune pion du plan, chainon banal et nullement significatif de la mascarade institutionnalisé mise en place. Face à mon hésitation à mordre un peu plus dans le gâteau, l'homme laid hurla de colère, se leva puis me tira une balle dans la tête.

Et malgré l'indifférence générale palpable de l'attentat qui venait de se commettre, je reste heureux car je pense qu'une telle réaction révèle l'incapacité répétée d'obliger la population à manger.


Dahmouche Hichem
14/01/09 vers 20h

# Posté le vendredi 16 janvier 2009 05:08

The Man Who Would Be King

The Man Who Would Be King
Question d'interprétation

J'ai envie de dire nous quand j'ai vu le dessin que tu as fait. Un homme, une femme, sur une pelouse a voir les nuages défiler, sous ce ciel bleu qui semblait opaque. J'ai envie de croire que tu nous a dessiné, j'ai envie de croire que mon amour pour toi est réciproque, quitte a être dans l'illusion.

Mais voila, ces paroles resteront à jamais intérieur à moi même, car là non seulement tu n'es pas présente, mais en plus je quitte le pays pour de bon. Le prochain train sera le mien et il arrive dans sept minutes. J'ai le c½ur fendu de devoir quitter ton doux parfum chocolaté, pour rejoindre les froides montagnes bernoises.

J'aperçois le train s'approcher inéluctablement, apportant avec lui son lot d'émotion. Pas de retour en arrière possible, je ne dois pas renoncer, huit fois j'ai fait l'erreur, en espérant que...

Je te quitte, je nous quitte, lâchant ton joli dessin sur le quai. Et toi, quinze mètres plus loin, tu vois ton message et le destinataire s'en aller, l'un vers le ciel, l'autre vers d'autres terres.


"Merci Aicha pour l'inspiration"
Dahmouche Hichem
03/12/08 21h

# Posté le vendredi 19 décembre 2008 07:26

Modifié le mardi 06 janvier 2009 16:08

Down From The Sky

Down From The Sky
Le Cachot

Pour toutes les prisons il y a des cellules, pour toutes les prisons il y a des
geôliers. Je ne saurai vous dire combien de temps je pourris dans ce cachot tant le
temps m'est inhabituellement lent, et mon geôlier m'est toujours inconnu.

Autrefois, j'étais une jolie fille, pétillante et débordante de joie. Je distribuais des
sourires à tout va car chaque journée était un délice.
Maintenant, je me retrouve a pourrir dans un cachot humide avec pratiquement
pas de lumière et de la boue plein les pieds.

Et chaque seconde est un supplice contre mes sens, comme dans un tableau
d'épouvante je suis entouré d'un tas de coléoptères et d'araignées, ils me
piquent, ils me dénudent, me paralysent. Et en cherchant la sortie, j'en avale et j'en
écrase.

Maudite salle, je donnerais tout, y comprit ma vie pour quitter cet endroit. Ma
main droite ne serait pas trop cher pour un peu de lumière et trouver ainsi la sortie
! Ou bien mourir tout de suite, mais arrêter de souffrir dans ce cachot, à me
demander à chaque seconde si je passerai la suivante ici.

Quand l'enfer s'invite plus tôt que prévu chez quelqu'un, ça donne globalement
cela. Mais dans le cas d'Eleanor, son geôlier n'avait aucune appartenance au
diable. Non, son geôlier c'était son propre esprit qui venait d'atteindre le dernier
degré de folie possible.


Dahmouche Hichem
07/11/08 21-22h

# Posté le vendredi 05 décembre 2008 06:14

Modifié le mardi 09 décembre 2008 08:05

Cellar Dweller

Cellar Dweller
Rêve Californien

Vingt ans. Plus que ce que j'avais vécu lorsque je t'ai vu. Vingt longue mais
productive années c'étaient écoulées depuis la fois où je t'ai vu dans ce bus.
Depuis, j'avais écrit 365 poèmes à ta gloire, un pour chaque journée de l'année, et
ça m'avait valu le succès et la reconnaissance. Mais quelle amère popularité que de
savoir qu'on est apprécié et lu de tous, sauf par celle pour qui on a dédié nos
écrits, celle qu'on aime ! C'est un peu comme découvrir l'arme nucléaire dans un
monde de paix.

Vingt ans durant je t'ai aimé. Je n'ai pas changé de logement, de trajet ou de
ville en espérant te croiser un jour. Et à chaque fois que je reprends un bus, je me
remets au milieu, en espérant te revoir.

Mon espoir a fini par payer aujourd'hui. Comme il y a vingt ans, tu étais là,
exactement à la même place. Mais ma réaction fût bien différente de ce que j'aurai
pu imaginer. Je n'ai pas crié, je ne t'ai pas parlé, je t'ai laissé descendre à ton arrêt
et moi continuer. Tout était clair ç présent : Ce n'est pas toi que j'aimais mais
j'étais plutôt amoureux de l'idée de l'amour, voila tout.

Et si seulement tu avais pu te tuer, il y a vingt ans dans ce parc, si seulement ! Je
baignerais peut-être encore dans l'illusion et l'énergie que tu m'avais offerte, fille du
bus.


Dahmouche Hichem
31/10/08 15-16h

# Posté le vendredi 21 novembre 2008 05:06

M.I.A

M.I.A
Merci Beethoven


"C'est le genre de fille pour laquelle on voudrait rester muet par peur de bégayer
devant elle, le genre de fille dont on retient par c½ur les paroles telles des paroles
saintes. Le genre pour laquelle Beethoven est digne d'elle et le genre pour laquelle
on pourrait écrire dix symphonies.
Pour parler d'elle, on mesure chaque mots, on réfléchit à chaque phrases, et on
en écrit une à chaque quart d'heure. Bref c'est le genre de fille qu'on ne voit qu'une
seule fois dans sa vie.

Mais il serait incorrect de ne pas dire combien ce genre de fille est propice au
manque de confiance en soi, combien on a envie de la tuer pour qu'elle nous quitte
jamais. C'est malsain, c'est égoïste, mais c'est humain."

Florian hésita un moment, puis railla ce dernier paragraphe. Il se devait d'être à
la hauteur, car la fille du bus, c'est justement le genre de fille qu'on ne voit qu'une
seule fois dans sa vie. Il ne devait pas manquer ça.

Et c'est avec le regard tourné vers le crépuscule qu'il se demandait ce qu'elle
devenait.

19/10/08 18-21h
Dahmouche Hichem

# Posté le jeudi 30 octobre 2008 09:16